Montreal-Ottawa: que mangerez vous pour 100$?

Champagne primé, truffes du Périgord, sièges individuels transformables en lit, service personnalisé au goût du voyageur… Il y a autour de la classe affaires un parfum de luxe et d’absolu. Well dahling… en avion dans les films peut-être, mais pour ce qui est du train dans la vraie vie, les avantages de la première classe sont peu nombreux et très surfaits. Et ça coûte cher… Combien? Ça dépend de quels tarifs sont encore disponibles, mais le supplément moyen pour un aller-retour Montréal-Ottawa en semaine est de 96.00 $, variant entre 55.00 $, 95.00 $ ou 140.00 $.

En fait, les avantages se résument facilement en « bouffe et bibine ». Comme je blogue bouffe, et que frôler le coma éthylique pour avoir l’impression de profiter de l’argent dépensé ne m’intéresse pas, on va jaser ce qu’on nous sert.

À l’aller, au menu :

Entrée : Poulet cajun avec salade de fruits à la menthe (plat environ 6x9cm)

Intrigant? Oui, beaucoup. Ça m’intrigue de comprendre comment le transporteur ferroviaire national réussi à faire passer deux cuillères à soupe de brunoise grossière de mangues, kiwis et melons pour une salade auprès de sa clientèle haut de gamme qui paie entre 145.00 $ et 262.00 $ pour 2 heures collé sur son voisin. Côté poulet, les trois lanières coupées à contre-grain sont déprimantes de solitude. Le tout est affalé sur une feuille de laitue boston n’ayant pas demandé à être là. Le goût? La salade goûte la menthe et les fruits, aucune trace d’assaisonnement. Aucun acide pour relever, aucune huile pour unifier, rien. C’est super l’été à la maison pour un goûter. Par contre, quand c’est un repas de classe affaires, je m’attends à mieux.  Le poulet, c’est du poulet… Le cajun, peut-être victime de Katrina, est relativement absent de goût, quoique sa couleur bien orangée annonce autre chose. Ça goûte surtout le frigo. Bon, on passe à la suite?

Plat principal : Ravioli géants farcis aux tomates séchées au soleil et mozzarella fumée servis avec une sauce tomates-poireaux et une ratatouille au balsamique (plat environ 10x14cm)

OK. Vous pouvez reprendre votre souffle. C’est prometteur, non? Non. Servir des pasta al forno autrement que directement du forno à votre assiette, c’est dégueulasse. Comme prendre de la lasagne dans un buffet peu fréquenté, un soir de semaine, pendant une tempête de neige. Le mot est fort et fait mal, mais mon vocabulaire est horrifié, donc non fonctionnel. Explications : on cuit les ravioli. En général, on passe rapidement au four pour gratiner, et bon appétit! Mais là, on met au four dans le train. Pour être bien chauds, les raviolis doivent passer plus de temps au four. En passant plus de temps au four, l’enveloppe du ravioli recommence à cuire. Et ça devient tout schmu, c’est à dire mou, collant et pâteux à la fois. Très technique comme terme. Tomates séchées et mozzarella fumé sont probablement partis chez le cajun, le Petit Prince a dit qu’ils reviendront jeudi. Pour le reste, c’est bien : la sauce tomate faite d’avance est bien savoureuse, la ratatouille aussi. C’est sûr, ce sont deux éléments du plat qui gagnent à reposer pour que les saveurs se marient bien.

Dessert : Gâteau au fromage avec caramel anglais (plat environ 6x9cm)

Le clou du repas avec Via1 est généralement le dessert. Cette fois-ci, je suis ambivalent. La texture du gâteau est aérienne. Mais, le caramel anglais se présente discret et timide, et des pépites dont la texture rappelle étrangement des petits bouts de carton, ou encore celle du genre de germe restant dans l’écale après avoir mangé une pistache, parsème la blancheur sucrée. C’était peut-être de morceaux de raisins secs? Après tout, les Anglais en mettent partout.

Au moins, j’ai eu de la compagnie très agréable pendant le trajet. Habituellement, je rage quand mes voisins me parlent, en général de bizness ou de gros cash, mais là, surprise, la sympathique Céline assise à mes côtés est une amoureuse de la cuisine thaï et indienne! Nous avons passé le trajet à jaser bouffe, elle a partagé ses secrets et ses endroits coup de coeur, dont une épicerie thaï qui me verra sans doute bientôt la face! Ça explique le pourquoi je n’ai pas posté mon compte rendu hier : la bonne compagnie m’a empêché de rédiger mon article 🙂 Elle m’a promis une recette indienne de poulet aux noix de cajou, que je m’empresserai d’essayer dès que je la recevrai. À suivre!

Pour le repas du trajet du retour, surveillez mon prochain article! Consommé en moins bonne compagnie, il m’a semblé encore moins savoureux. Sauf le dessert…

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